Au cœur du Parc National de Lobéké, au Cameroun, un nouveau camp des écogardes vient d’être réceptionné après plus de cinq ans de travaux. Une infrastructure moderne qui transforme les conditions de vie de ceux qui veillent chaque jour sur l’un des joyaux forestiers du patrimoine mondial de l’humanité.
Des conditions de vie longtemps restées précaires
Ils patrouillent des semaines entières en forêt dense, par tous les temps, pour protéger l’une des dernières grandes réserves de biodiversité d’Afrique centrale. Pourtant, jusqu’à récemment, les écogardes rentraient dans des logements vétustes, aux toitures percées, aux chemins boueux et aux sanitaires défaillants. Au siège du parc, à Mambele, de vieux bâtiments en bois ne répondaient plus à aucune norme de confort élémentaire, rendant la vie familiale et le repos particulièrement difficiles pour des agents déjà soumis à de longues absences en forêt. Ce temps est désormais révolu.
Une infrastructure moderne, intégrée à son environnement
Construit dans des tons brun-terre qui se fondent dans le paysage forestier, le nouveau camp s’intègre harmonieusement à l’environnement naturel de cette portion camerounaise du Tri-National de la Sangha. Il comprend une trentaine de logements, chacun doté d’un bloc sanitaire moderne avec douche et toilettes. Les infrastructures collectives incluent un espace de lavage, des allées internes pavées, un système d’évacuation des eaux et un dispositif autonome d’approvisionnement en eau. Une maison d’hôtes de six chambres complète l’ensemble, destinée à accueillir des visiteurs et des partenaires dans des conditions dignes.
Une réalisation structurante malgré des contraintes majeures
Le projet a nécessité plus de cinq années de réalisation, marquées par des retards liés à la pandémie de Covid-19 et aux contraintes logistiques inhérentes à l’enclavement de la zone. Sa réception provisoire a été confirmée lors d’une mission conduite par Romain Kana, Chef de la Division des Programmes de la FTNS, en présence de l’architecte Dirk Harder, de représentants de l’entreprise de construction et des responsables du parc. L’équipe a parcouru l’ensemble des installations pour en évaluer la qualité avant la remise officielle des clés.
Un levier direct pour l’efficacité de la conservation
Pour Guy Biloa, Conservateur du Parc National de Lobéké, cette réalisation dépasse la simple question de confort : « Cette infrastructure va considérablement améliorer l’image du parc et offrir de meilleures conditions de vie aux écogardes. En améliorant leur confort, elle contribuera également à renforcer l’efficacité opérationnelle des activités de conservation. »
Des agents mieux logés sont des agents plus engagés, plus stables et plus efficaces sur le terrain. Dans un parc où la lutte contre le braconnage exige une présence constante et des patrouilles de longue durée, les conditions de vie du personnel ne sont pas un détail — elles sont une condition de la réussite.
Un partenariat international au service du patrimoine mondial
La réalisation de ce camp a été rendue possible grâce à l’appui financier et technique de la FTNS, avec le soutien de la coopération allemande. Le Parc National de Lobéké fait en effet partie du Tri-National de la Sangha, paysage forestier transfrontalier partagé entre le Cameroun, la République centrafricaine et la République du Congo, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce partenariat international illustre la mobilisation collective autour de la préservation d’un bien commun exceptionnel.
Protéger la forêt, c’est aussi investir dans ceux qui la protègent
La mise en service de ce camp envoie un signal clair : la durabilité des efforts de conservation passe par une prise en compte renforcée des besoins humains. En améliorant le cadre de vie des écogardes, le Parc National de Lobéké consolide les fondations de son action de protection et contribue à la préservation à long terme de l’un des massifs forestiers les plus importants d’Afrique centrale.
En dotant ses écogardes d’un cadre de vie digne, le Parc National de Lobéké envoie un message fort : protéger la forêt commence par prendre soin de ceux qui la gardent.
Ce camp a été réalisé avec l’appui de la Fondation pour le Tri-National de la Sangha (FTNS) et le soutien de la coopération allemande, dans le cadre d’une approche globale visant à renforcer les capacités opérationnelles et humaines de conservation dans le paysage du Tri-National de la Sangha.





